Nostalgie

Salah Larbes raconte sa JS

«Hannachi veille bien aux intérêts de la JSK»

Il a fait partie des joueurs emblématiques de la JSK, il a eu l’opportunité de jouer avec deux grandes générations de l’histoire du club kabyle, celles des années 70 et 80. Lui, c’est Salah Larbès. Solide défenseur, il aura marqué son passage au sein du club kabyle. Au cours de la visite que nous lui avons rendu, il nous a raconté quelques-uns des moments forts de sa carrière. 

«Les gens ne le savent peut-être pas, mais j’ai joué tous les matches qualificatifs pour le Mondial 82»
«Je ne pourrai jamais oublier ma première convocation en équipe nationale, Iboud et moi étions entourés de joueurs de grande qualité, à leur tête Lalmas qui est une légende du football algérien. Au fils des années, j’ai pu garder ma place en sélection jusqu’à réaliser le rêve de beaucoup de joueurs à travers le monde, à savoir disputer une phase finale de Coupe du monde. Face à l’Allemagne, j’ai été aligné en fin de match à la place de Madjer pour renforcer la défense et préserver notre avantage. Je dois dire que j’avais ressenti une grande responsabilité. C’est un moment très fort dans ma carrière, d’avoir fait partie de cette équipe qui a offert au pays sa première victoire en Coupe du monde, un match qui est resté dans les annales du football mondial. Ma présence était peut-être une surprise pour certains, les gens ne le savent peut-être pas, mais j’ai pris part à tous les matches qualificatifs à la Coupe du monde de 1982.»

«Hadj Oumnia m’avait convaincu avec des figues sèches»  
«La JSK était le symbole d’une région, d’une identité et du combat qu’elle menait. Jouer pour la JSK était un grand honneur pour tous les footballeurs de la région. En ce qui me concerne, je jouais pour le CS des Douanes qui évoluait en deuxième division. Après une saison époustouflante sous le maillot de cette formation, j’avais attiré l’attention de plusieurs clubs de l’élite parmi eux la JSK. Le président de l’époque, Abdelkader Khalef qui croyait dur comme fer que le salut de la JSK viendrait des Kabyles, a dépêché des dirigeants pour me rencontrer et parmi eux, il y avait feu Oumnia qui deviendra à son tour président. Je dois dire que ces derniers étaient venus au bon moment, car j’étais sur le point de m’engager à l’USMH. Je me rappellerai toute ma vie de ce que m’a dit Hadj Oumnia pour me convaincre de signer, il m’a parlé en ces termes : «Je sais que tu es Kabyle et comme tous les Kabyles qui se respectent tu adores les figues sèches, viens chez nous et tu n’en manqueras pas. Cela m’avait fait rire, mais il m’a vait prendre conscience de mon appartenance à la Kabylie.»

«Benkaci s’était opposé à mon départ à la retraite»
«Tous les présidents qui ont succédé à Abdelkader Khalef (qui était un grand monsieur) ont suivi le chemin qu’il a tracé pour bâtir un grand club. Parmi ces présidents, il y avait feu Boussaâd Benkaci. Celui-ci était connu pour son amour pour la discipline, il ne tolérait aucun écart disciplinaire. Je me rappelle qu’après la décision de Ali Fergani de mettre un terme à sa carrière en 1986, Benkaci était venu me voir pour me demander de ne pas prendre la même décision afin de ne pas perturber l’équipe. Les jeunes qui avaient été promus avaient besoin de la présence des anciens pour les encadrer, Benkaci comptait sur moi pour tenir ce rôle, c’est la raison pour laquelle j’ai reporté mon départ à la retraite à 1987. »

«Les aveux de Schumacher sont la preuve qu’en 82, nous avions une grande équipe»
« Qui dit Allemagne, dit Autriche. Ce que les sélections de ces deux pays ont fait en 1982 était une honte, mais ce n’était pas une surprise par rapport aux liens très forts qui existent entre les deux nations. Les aveux de Schumacher à l’occasion de la remise du Ballon d’Or n’est que la reconnaissance du qualificatif donné à cette rencontre, à savoir ‘le match de la honte’ et cela prouve que l’Algérie avait une grande équipe de football, d’un niveau mondial. A mon avis, ces aveux sont venus en retard ; mais maintenant que les Allemands ont reconnu les faits, la FIFA devrait infliger l’Allemagne une sanction.»

«Je n’ai pas agressé l’arbitre du match face à l’ES Tunis»
«En 1986, la JSK avait une équipe capable de remporter à nouveau le trophée africain, mais nous avions été écartés de la course par l’ES Tunis. Une élimination qui nous avait fait du mal, non pas parce que notre adversaire était tunisien, mais parce que cela a été fait d’une manière injuste à cause d’un arbitrage qui n’a pas été correct. En ce qui me concerne, lors de cette rencontre on avait voulu de m’accuser d’avoir agressé le juge assistant, alors que c’est faux. D’ailleurs, je vais vous raconter ce qui s’était passé au juste. Je m'apprêtais à effectuer une touche lorsque l’arbitre assistant m’a demandé de la faire d’un autre endroit. C’est ce que j’aallais faire. C’est alors qu’il m’a dit que ce n’était pas la peine de faire de gros efforts, car nous allions être éliminés dans tous les cas. Je n’avais pas fait cas de ces propos, mais un de nos dirigeants, qui était sur le banc, a tout entendu et s’est dirigé vers lui pour lui parler. Ce juge assistant l’a alors frappé avec son drapeau et s’en suivra alors une mêlée générale. Et comme je me trouvais sur la main courante, j’ai été victime des sanctions qui sont tombées par la suite. Bahbouh, Rahmouni, Driès, Adghigh et moi-même avons été suspendus pour deux ans, Abdeslam en a pris pour trois ans et la JSK a été suspendue pour deux ans.»

«Hannachi veille bien  aux intérêts de la JSK»
«Je suis certain que la JSK restera en haut, car au-delà du fait que c’est un club sportif, c’est tout simplement le symbole d’un combat identitaire. La JSK restera toujours debout, car dans le cas où elle aura un genou à terre, tous les enfants de la région accourront à son secours. Je ne sais pas comment vous expliquer cela, mais lorsque vous portez les couleurs de ce club vous trouvez les ressources nécessaires pour vous surpasser. La preuve, après un début de saison difficile, l’équipe a retrouvé le haut du tableau. Je pense que le fait que la JSK soit restée au sommet, elle le doit beaucoup à Hannachi qui a beaucoup donné pour ce club, que ce soit en tant que joueur, dirigeant puis président. Je trouve bizarre que des gens disent que la JSK appartient à Hannachi. Le club appartient à tous ses enfants et Hannachi en fait partie, il ne fait que défendre les intérêts de la JSK en veillant à sa bonne marche et en essayant de recruter les meilleurs joueurs qui sont sur le marché.»

«Matoub avait risqué  sa vie pour ce club»
«Parmi ceux qui ont apporté un grand soutien au club, on retrouve Matoub qui avait beaucoup aidé la JSK, notamment sur le plan moral. Je n’oublierai jamais qu’en 1990, il avait tenu à effectuer avec nous le déplacement en Zambie, à l’occasion de la finale retour de la Coupe d’Afrique des clubs champions, alors qu’il avait subi 17 interventions chirurgicales, cela juste pour soutenir les joueurs. A cette époque, je faisais partie du staff technique.»
 L. F. 

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Dernière mise à jour de cette page le 16/04/2009

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